UE41 - Surdité et langue des signes : analyseurs politiques, philosophiques et sociolinguistiques. 18. Donner corps aux archives


Lieu et planning


Attention !
Vous ne pourrez pas accéder à ce séminaire sans avoir préalablement déposé une demande via le lien suivant (une demande est nécessaire pour chaque séminaire auquel vous souhaitez participer, merci de déposer la demande au plus tard 72 heures avant le début de la première séance) : https://participations.ehess.fr/demandes/__nouvelle__?seminaire=41.

  • 54 bd Raspail
    54 bd Raspail 75006 Paris
    Salle AS1_08
    annuel / bimensuel (2e/4e), mardi 16:30-18:30
    du 14 octobre 2025 au 9 juin 2026
    Nombre de séances : 12


Description


Dernière modification : 19 févr. 2026 17:46:55

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie, Histoire, Philosophie et épistémologie, Sociologie
Page web
-
Langues
français lsf
Mots-clés
Archives Arts Culture visuelle Histoire culturelle Image Langue des signes Mobilisation(s) Numérique Sourds
Aires culturelles
Europe France
Intervenant·e·s
  • Andrea Benvenuto [référent·e]   maîtresse de conférences, EHESS / Centre d'étude des mouvements sociaux (CEMS)
  • Olivier Schetrit   ingénieur de recherche, CNRS / Centre d'étude des mouvements sociaux (CEMS)
  • Barbara Fougère   jeune docteure, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Depuis les cinq dernières années, ce séminaire est consacré à l’étude des usages de la notion de réparation dans le champ d’études sur les sourds et les langues des signes. Lors des dernières éditions, nous avons étudié la mobilisation des récits de vie (témoignages, autobiographies, film documentaires) et des méthodes biographiques dans la recherche. En cherchant à rendre visible et audible la vie des sourds autrement que par les discours institutionnels, scientifiques et professionnels sur la surdité (Lane, 1991; Delaporte & Pelletier, 2002 ; Padden & Humphries, 1988/2020 ; Mottez, 1975, 1979, 1981) ces travaux adhèrent à une certaine forme de réparation symbolique, dans ce sens où ils visent à déconstruire les discours dominant sur la surdité dans les processus de narration historique et à souligner le point de vue des sourds.

D’autres travaux, questionnent les sources matérielles sur lesquelles se construisent les savoirs sur les sourds et les langues des signes (Kusters, De Meulder, O’Brien, 2017). Pour faire émerger le point de vue des sourds, la première condition serait alors de les « entendre ». Or, une grande partie des archives mobilisées dans la recherche proviennent des sources textuelles majoritairement présentes dans les bibliothèques. Mais les productions culturelles, historiques, politiques, sourdes se trouvent également dans d’autres contextes (archives familiales, personnelles, associatives), proviennent de sources visuelles variées (photos, vidéos, dessins) et sont surtout exprimées dans une langue visuo gestuelle sans équivalent textuel. 

La transformation technologique a favorisé le développement des archives audiovisuelles, et la possibilité d’enregistrer la langue des signes des sourds. La diffusion des archives en LSF a connu un plus grand essor à partir du développement de l’internet et des réseaux sociaux. Des institutions spécialisées (INA, BnF), la mise en ligne récente des archives de l'émission L’Œil et la main ; le travail laborieux des passionné·es du patrimoine sourd, entre autres, ont contribué à la mise à disposition du public d’un certain nombre de documents. Ces sources témoignent d’une grande richesse de la vie culturelle, politique, artistique sourde, mais restent très peu exploitées par la recherche. Diverses raisons peuvent l’expliquer : les archives visuelles sont peu valorisées par la recherche elle-même, restent encore dans un périmètre de diffusion assez restreint, y compris pour la communauté sourde elle-même, elles sont difficilement identifiables et des questions d’accessibilité linguistique et d’accessibilité aux archives elles-mêmes restent à régler. 

Ce séminaire à un double objectif. D’une part, avec les évolutions des techniques de conservation et de diffusion facilitées par la numérisation, il est aujourd’hui nécessaire de réfléchir au devenir archive de ce patrimoine visuel riche et foisonnant. Et, d’autre part, si on considère que les archives peuvent participer à une certaine forme de réparation symbolique, il nous faudra explorer la manière dont les archives visuelles peuvent conduire à une affirmation du point de vue sourd, jouer un rôle central dans la construction d'une mémoire collective et représenter un moyen de réactiver le passé et de rendre visible l’histoire des sourds. 

Comment les archives visuelles peuvent-elles être à la fois localisées, collectées, créées, répertoriées, conservées, valorisées et rendues accessibles ? Quelle place les archives sourdes occupent-elles dans la recherche en sciences sociales ? Le cycle de séminaires que nous entamons cette année sera guidé par ces questions et par une réflexion sur la possibilité de leur « donner corps », que ce soit à travers les pratiques artistiques contemporaines, ou par des formes d’écriture alternative pour faire les sciences sociales aujourd’hui. 

14 octobre 2025 : Donner corps aux archives. Introduction au programme de l’année. Andrea Benvenuto (CEMS-PHS-EHESS), Barbara Fougère (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) et Olivier Schetrit (CEMS-PHS-CNRS)

25 novembre 2025 : Trois approches du fonds archivistique de l’Institut national de jeunes sourds de Paris. Introduction et discussion Andrea Benvenuto et Olivier Schetrit.

Intervention de Claire Jahan (Responsable de la Bibliothèque patrimoniale et des archives de l’INJS), Anne Picaud (cheffe de service Valorisation du patrimoine culturel et historique de l’INJS) et Alexis Karacostas (psychiatre), éditeurs du livre Rendre les sourds à la société. Une histoire de l’Institut national des jeunes sourds de Paris, Créaphis Editions, 2025. 

9 décembre 2025 : Vers l’élaboration d’une cartographie des archives sourdes. Localisations et usages. Andrea Benvenuto (CEMS-PHS-EHESS), Barbara Fougère (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) et Olivier Schetrit (CEMS-PHS-CNRS)

13 janvier 2026 : Qu'est-ce qui fait archive ? I. Introduction et discussion Barbara Fougère.

Intervention de Pierre Gastou, responsable de l’iconothèque des archives municipales de Toulouse

27 janvier 2026 : Qu'est-ce qui fait archive ? II. Les archives audiovisuels en LSF. Introduction et discussion Barbara Fougère et Olivier Schetrit.

Intervention de Jacques Sangla, réalisateur sourd

24 février 2026 : Qu'est-ce qui fait archive ? III. Saisir les archives sourdaveugles. Introduction et discussion Andrea Benvenuto

Intervention de Soline Vennetier (CRH-EHESS)

10 mars 2026 : Qu’est-ce qui fait archive? IV. Introduction et discussion Olivier Schetrit.

Intervention de H-Dirksen Bauman (Université de Gallaudet) 

24 mars 2026 : Comment archiver, avec quels moyens, pour quelles archives ? Introduction et discussion Andrea Benvenuto et Olivier Schetrit.

Intervention de Marine Coquet, responsable du service des archives de l’EHESS.

14 avril 2026 : Archives vivantes : désirs + pratiques. Introduction et discussion Barbara Fougère.

Intervention de Typhaine Le Galès, Julien Munschy et Thierry Bertrand du Centre d’archives LGBTQI+ Paris 

12 mai 2026 : Collecter, conserver, transmettre. Introduction et discussion Olivier Schetrit.

Intervention de Caroline Pelletier, conservatrice du Musée d’histoire et de culture des Sourds de Louhans

26 mai 2026 : Qu'est-ce qui fait archive ? V. Introduction et discussion Andrea Benvenuto. Approcher la construction de la surdité avant l’histoire sourde. Étienne de Fay sujet et objet d'archives, traces et transmissions d’expériences.

Intervention d’Emmanuelle Berthiaud (Université de Picardie, CHSSC) et d’Audrey Duru (Université de Picardie, TrAme). 

9 juin 2026 :  Conclusions du séminaire. La collecte des archives sourdes : aspects pratiques.

Intervention d’Andrea Benvenuto (CEMS-PHS-EHESS), Barbara Fougère (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) et Olivier Schetrit (CEMS-PHS-CNRS)


Master


  • Séminaires de recherche – Arts, littératures et langages – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture

Renseignements


Contacts additionnels
-
Informations pratiques

Pour toute question, merci de contacter Andrea Benvenuto

Direction de travaux des étudiants

Sur RDV 

Réception des candidats

Sur RDV. 

Pré-requis

Aucun

Dernière modification : 19 févr. 2026 17:46:55

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie, Histoire, Philosophie et épistémologie, Sociologie
Page web
-
Langues
français lsf
Mots-clés
Archives Arts Culture visuelle Histoire culturelle Image Langue des signes Mobilisation(s) Numérique Sourds
Aires culturelles
Europe France
Intervenant·e·s
  • Andrea Benvenuto [référent·e]   maîtresse de conférences, EHESS / Centre d'étude des mouvements sociaux (CEMS)
  • Olivier Schetrit   ingénieur de recherche, CNRS / Centre d'étude des mouvements sociaux (CEMS)
  • Barbara Fougère   jeune docteure, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Depuis les cinq dernières années, ce séminaire est consacré à l’étude des usages de la notion de réparation dans le champ d’études sur les sourds et les langues des signes. Lors des dernières éditions, nous avons étudié la mobilisation des récits de vie (témoignages, autobiographies, film documentaires) et des méthodes biographiques dans la recherche. En cherchant à rendre visible et audible la vie des sourds autrement que par les discours institutionnels, scientifiques et professionnels sur la surdité (Lane, 1991; Delaporte & Pelletier, 2002 ; Padden & Humphries, 1988/2020 ; Mottez, 1975, 1979, 1981) ces travaux adhèrent à une certaine forme de réparation symbolique, dans ce sens où ils visent à déconstruire les discours dominant sur la surdité dans les processus de narration historique et à souligner le point de vue des sourds.

D’autres travaux, questionnent les sources matérielles sur lesquelles se construisent les savoirs sur les sourds et les langues des signes (Kusters, De Meulder, O’Brien, 2017). Pour faire émerger le point de vue des sourds, la première condition serait alors de les « entendre ». Or, une grande partie des archives mobilisées dans la recherche proviennent des sources textuelles majoritairement présentes dans les bibliothèques. Mais les productions culturelles, historiques, politiques, sourdes se trouvent également dans d’autres contextes (archives familiales, personnelles, associatives), proviennent de sources visuelles variées (photos, vidéos, dessins) et sont surtout exprimées dans une langue visuo gestuelle sans équivalent textuel. 

La transformation technologique a favorisé le développement des archives audiovisuelles, et la possibilité d’enregistrer la langue des signes des sourds. La diffusion des archives en LSF a connu un plus grand essor à partir du développement de l’internet et des réseaux sociaux. Des institutions spécialisées (INA, BnF), la mise en ligne récente des archives de l'émission L’Œil et la main ; le travail laborieux des passionné·es du patrimoine sourd, entre autres, ont contribué à la mise à disposition du public d’un certain nombre de documents. Ces sources témoignent d’une grande richesse de la vie culturelle, politique, artistique sourde, mais restent très peu exploitées par la recherche. Diverses raisons peuvent l’expliquer : les archives visuelles sont peu valorisées par la recherche elle-même, restent encore dans un périmètre de diffusion assez restreint, y compris pour la communauté sourde elle-même, elles sont difficilement identifiables et des questions d’accessibilité linguistique et d’accessibilité aux archives elles-mêmes restent à régler. 

Ce séminaire à un double objectif. D’une part, avec les évolutions des techniques de conservation et de diffusion facilitées par la numérisation, il est aujourd’hui nécessaire de réfléchir au devenir archive de ce patrimoine visuel riche et foisonnant. Et, d’autre part, si on considère que les archives peuvent participer à une certaine forme de réparation symbolique, il nous faudra explorer la manière dont les archives visuelles peuvent conduire à une affirmation du point de vue sourd, jouer un rôle central dans la construction d'une mémoire collective et représenter un moyen de réactiver le passé et de rendre visible l’histoire des sourds. 

Comment les archives visuelles peuvent-elles être à la fois localisées, collectées, créées, répertoriées, conservées, valorisées et rendues accessibles ? Quelle place les archives sourdes occupent-elles dans la recherche en sciences sociales ? Le cycle de séminaires que nous entamons cette année sera guidé par ces questions et par une réflexion sur la possibilité de leur « donner corps », que ce soit à travers les pratiques artistiques contemporaines, ou par des formes d’écriture alternative pour faire les sciences sociales aujourd’hui. 

14 octobre 2025 : Donner corps aux archives. Introduction au programme de l’année. Andrea Benvenuto (CEMS-PHS-EHESS), Barbara Fougère (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) et Olivier Schetrit (CEMS-PHS-CNRS)

25 novembre 2025 : Trois approches du fonds archivistique de l’Institut national de jeunes sourds de Paris. Introduction et discussion Andrea Benvenuto et Olivier Schetrit.

Intervention de Claire Jahan (Responsable de la Bibliothèque patrimoniale et des archives de l’INJS), Anne Picaud (cheffe de service Valorisation du patrimoine culturel et historique de l’INJS) et Alexis Karacostas (psychiatre), éditeurs du livre Rendre les sourds à la société. Une histoire de l’Institut national des jeunes sourds de Paris, Créaphis Editions, 2025. 

9 décembre 2025 : Vers l’élaboration d’une cartographie des archives sourdes. Localisations et usages. Andrea Benvenuto (CEMS-PHS-EHESS), Barbara Fougère (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) et Olivier Schetrit (CEMS-PHS-CNRS)

13 janvier 2026 : Qu'est-ce qui fait archive ? I. Introduction et discussion Barbara Fougère.

Intervention de Pierre Gastou, responsable de l’iconothèque des archives municipales de Toulouse

27 janvier 2026 : Qu'est-ce qui fait archive ? II. Les archives audiovisuels en LSF. Introduction et discussion Barbara Fougère et Olivier Schetrit.

Intervention de Jacques Sangla, réalisateur sourd

24 février 2026 : Qu'est-ce qui fait archive ? III. Saisir les archives sourdaveugles. Introduction et discussion Andrea Benvenuto

Intervention de Soline Vennetier (CRH-EHESS)

10 mars 2026 : Qu’est-ce qui fait archive? IV. Introduction et discussion Olivier Schetrit.

Intervention de H-Dirksen Bauman (Université de Gallaudet) 

24 mars 2026 : Comment archiver, avec quels moyens, pour quelles archives ? Introduction et discussion Andrea Benvenuto et Olivier Schetrit.

Intervention de Marine Coquet, responsable du service des archives de l’EHESS.

14 avril 2026 : Archives vivantes : désirs + pratiques. Introduction et discussion Barbara Fougère.

Intervention de Typhaine Le Galès, Julien Munschy et Thierry Bertrand du Centre d’archives LGBTQI+ Paris 

12 mai 2026 : Collecter, conserver, transmettre. Introduction et discussion Olivier Schetrit.

Intervention de Caroline Pelletier, conservatrice du Musée d’histoire et de culture des Sourds de Louhans

26 mai 2026 : Qu'est-ce qui fait archive ? V. Introduction et discussion Andrea Benvenuto. Approcher la construction de la surdité avant l’histoire sourde. Étienne de Fay sujet et objet d'archives, traces et transmissions d’expériences.

Intervention d’Emmanuelle Berthiaud (Université de Picardie, CHSSC) et d’Audrey Duru (Université de Picardie, TrAme). 

9 juin 2026 :  Conclusions du séminaire. La collecte des archives sourdes : aspects pratiques.

Intervention d’Andrea Benvenuto (CEMS-PHS-EHESS), Barbara Fougère (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) et Olivier Schetrit (CEMS-PHS-CNRS)

  • Séminaires de recherche – Arts, littératures et langages – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
Contacts additionnels
-
Informations pratiques

Pour toute question, merci de contacter Andrea Benvenuto

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Sur RDV 

Réception des candidats

Sur RDV. 

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Aucun

Attention !
Vous ne pourrez pas accéder à ce séminaire sans avoir préalablement déposé une demande via le lien suivant (une demande est nécessaire pour chaque séminaire auquel vous souhaitez participer, merci de déposer la demande au plus tard 72 heures avant le début de la première séance) : https://participations.ehess.fr/demandes/__nouvelle__?seminaire=41.

  • 54 bd Raspail
    54 bd Raspail 75006 Paris
    Salle AS1_08
    annuel / bimensuel (2e/4e), mardi 16:30-18:30
    du 14 octobre 2025 au 9 juin 2026
    Nombre de séances : 12